Point Conjoncturel UWE : « Coup de frein sur l’optimisme »

Point Conjoncturel UWE : « Coup de frein sur l’optimisme »

Selon l’enquête UWE, les chefs d’entreprise wallons ont constaté un ralentissement de leur activité au cours des 6 derniers mois, suivant en cela la tendance européenne et mondiale et tempérant fortement l’optimisme de la fin 2017. Un léger redressement est envisagé pour les 6 prochains mois. Avec une croissance aux environs de 1,5% tant en 2018 et 2019, l’économie wallonne semble proche de son potentiel.

Un ralentissement de la croissance en Wallonie

Selon l’enquête UWE menée semestriellement auprès des chefs d’entreprise en Wallonie, l’activité aurait ralenti durant les 6 derniers mois, contrairement à ce qu’ils avaient prévu lors du dernier « Point conjoncturel » de mars 2018.

Ce ralentissement trouve sa source dans un fléchissement des exportations, toujours selon l’enquête UWE. Ce scénario est corroboré par les statistiques pour la première moitié de l’année 2018 qui indiquent un ralentissement de l’économie européenne. La croissance a été réduite de près de la moitié entre le dernier semestre de 2017 et le premier de 2018, passant de 0,7% à 0,4%. Par rapport à la même période de l’année précédente, la croissance de la Zone Euro est passée de 2,8% à 2,3%. C’est encore du côté des exportations que se trouve l’explication de ce ralentissement, lui-même dû à une stagnation de la croissance mondiale, en dépit de la bonne santé de l’économie des Etats-Unis. Ce sont sans doute les premiers effets des différentes mesures protectionnistes prises ces derniers mois, mais aussi de la fragilité des économies émergentes.

La demande intérieure européenne (consommation et investissement) n’a donc pas pris le relais des exportations pour alimenter la croissance économique. L’économie de la Zone Euro semble donc, pour l’heure, atteindre ses limites aux alentours de 2%.

Une stabilisation de la croissance en 2019

Tenant compte de l’environnement général (inflation modérée, taux d’intérêt bas, bonne rentabilité des entreprises), la croissance devrait cesser de ralentir et se stabiliser au niveau actuel. Dès lors, le taux de croissance de la Belgique se maintiendrait aux alentours de 1,5% en 2018 et 2019.

La croissance de l’économie wallonne devrait connaître des taux similaires à ceux de la Belgique. Cela signifierait alors que le taux de chômage wallon ne diminuerait pas significativement en dessous de 9%, son niveau actuel. Une réduction plus sensible nécessiterait des mesures structurelles pour améliorer la formation des chômeurs et répondre ainsi aux demandes non pourvues des entreprises (les emplois vacants).

Le Gouvernement wallon vient de prendre une série de mesures qui vont dans ce sens. Mais ces initiatives doivent encore être amplifiées au fil des prochains mois si l’on veut « débloquer » la croissance économique de la Wallonie avec son taux de 1,5%.

Les risques ont augmenté

Ce scénario central d’un maintien de la croissance est fragilisé par de nombreux risques. Le premier, et le plus important, est l’escalade des mesures protectionnistes dans la guerre commerciale que l’administration Trump a initiée. La hausse du prix du pétrole, si elle se poursuit, pourrait aussi freiner la production mondiale et réduire la demande globale. Les secousses de la montée des taux d’intérêt sur les économies émergentes pourraient aussi affecter les pays plus industrialisés.

Pour les économies européennes, c’est évidemment l’issue des négociations sur le Brexit qui pourrait fortement influencer leurs cours. Un Brexit sans accord freinerait fortement les économies des pays de l’Union Européenne. Les déficits budgétaires italiens qui dépassent les recommandations de la Commission Européenne pourraient aussi perturber les marchés des obligations, augmentant le taux de refinancement des économies les plus fragiles.

Consultez le « Point Conjoncturel » de l’UWE
sur  www.uwe.be/point-conjoncturel